de dosIl y a 4 ans, j’ai parcouru très lentement les derniers mètres, gênée, bien sûr, par mon gros ventre, mais aussi parce que je voulais savourer jusqu’au dernier moment le fait d’être enceinte de toi, de te porter…

Il y a 4 ans, nous sommes arrivés à la maternité, plusieurs accouchements avaient lieu en même temps, alors on nous a fait patienter dans une petite salle. Au rythme du monitoring, nous avons suivi, ton père et moi, les bosses que tu formais sous ma peau, en attendant de te connaître.

Soudain, tout s’est accéléré et ce fut à nous. Quelques minutes plus tard, au bloc, ça y est, tu naissais.

Il y a 4 ans, seconde d’éternité…. J’ai découvert mon bébé tant attendu, mon enfant, ma fille, aux joues si rebondies et le mot « merveille » a empli ma tête à cette vue.

Déjà, tu t’éloignais pour ne me retrouver qu’un peu plus tard en salle de réveil.

Il y a 4 ans, j’ai appris à aimer le mois de novembre. Nous avons affronté toutes les deux les longues nuits noires et froides de cette fin d’automne, toi blottie dans la chaleur de mon sein.

Il y a 4 ans, je n’avais pas encore imaginé, que ce matin, je t’observerai à l’école, toi qui étais au tableau à dire la date du jour. Ton sourire, ton air décidé, ta voix claire et la grâce de tes cheveux blonds attachés m’ont fait murmurer doucement mille grâces pour la merveille que tu es toujours.

Joyeux 4 ans, Louise!

« Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s’émerveiller qui manquent, mais les émerveillés ». La nuit de feu. Eric-Emmanuel Schmitt