parents-enfants-crier-moins-s-aimer-mieux-15950-300-300Le dernier article que j’ai publié sur le blog, à propos d’un très joli projet de livre sur Noël, date du vendredi 13 novembre 2015, 21h30. Une dizaine de minutes après, mon mari qui regardait un match de foot, m’a appelée en me disant: « viens, il se passe quelque chose sur Paris… ». A suivi une nuit d’horreur où s’ajoutaient aux images terribles dont nous ne pouvions pas nous décoller, les sirènes de police, en live, qui hurlaient, passant près de chez nous à toute vitesse, en renfort de Versailles vers Paris. Puis, un réveil douloureux avec ces semaines qui se sont écoulées, sans envie d’écrire, comme assommée, avec cette interrogation…Dans quel monde vais-je élever mes enfants?

Ce matin, alors que mon regard errait devant ma bibliothèque, j’ai aperçu la couverture pleine de peps de ce livre que je n’avais pas encore eu le temps de vous présenter et que les éditions Mango m’avait très gentiment fait parvenir cet été: parents-enfants. Crier moins, s’aimer mieux. Et je me suis dit que c’était exactement avec ce livre que j’allais reprendre ma plume, un livre avec un si beau programme. Parce que je reste intimement convaincue que la lutte contre la violence, quelqu’elle soit, commence très tôt, au sein même des familles…

Et d’ailleurs, l’auteur, Sheila McCraith, raconte sans fard, que l’origine de son livre repose sur une scène violente. Maman de quatre garçons plein de vie, tous les soirs, elle se couchait en se disant que le lendemain elle serait plus calme et plus patiente envers ses garçons…. Pour finalement, chaque jour, crier à nouveau très rapidement contre ses quatre enfants, âgés à l’époque de moins de 8 ans. En janvier 2012, un ouvrier qui travaillait dans sa maison, la surprend à crier encore une fois contre eux: c’est le déclic! Il lui faut trouver le moyen d’en finir avec cette mauvais habitude de hurler.

Vous savez que j’aime bien les défis et les challenge, j’avais d’ailleurs déjà beaucoup aimé le livre de Christine Lewicky 21 jours sans râler sur mes enfants et mon conjoint (à découvrir ici). J’ai donc apprécié la démarche de Sheila McCraith qui s’est lancée dans le Défi Rhino Orange, à savoir la promesse officielle de tenir 365 jours d’affilés sans crier. Pourquoi ce nom de Défi Rhino Orange? Parce que Sheila a découvert, au début de son challenge, que le rhinocéros gris est un animal naturellement calme mais qui en cas de provocation, charge et devient agressif. Sheila s’est emparée de cet animal mais en le rendant orange, comme symbole du parent chaleureux, patient et zen qu’elle voulait devenir.

Je vous vois déjà en train de vous dire « 365 jours, mais c’est beaucoup trop long!!« . Certes, Sheila relate son expérience dans ce livre qui a donc duré une année, mais l’ouvrage est organisé en trente sections quotidiennes, courtes, abordables et faciles à suivre… En un mois, ce livre permet de démarrer sa transformation en Rhino-Orange!

J’ai beaucoup aimé le côté très pragmatique de cet ouvrage avec tous les jours, trois conseils, à adapter en fonction du niveau de stress de la situation. Par exemple, qu’il vaut mieux aller hurler un bon coup aux toilettes ou dans un placard quand on se sent à cran, que sur sa famille, boire un verre d’eau très lentement pour nous forcer à respirer quand on a envie de crier, regarder un objet que l’on aime car trouver un point d’appui efface la colère…. Et surtout mettre du orange partout, s’habiller en orange... Cela permet de se rappeler son objectif! Ce n’est pas trop à la mode comme couleur… Mais tant pis! Il y a même à la fin du livre un très joli rhinocéros orange à découper et à confier à nos enfants pour nous rappeler que crier n’arrange rien.

Pour nous aider également, Sheila a élaboré une « échelle des cris » afin de définir ce qui est acceptable ou pas, comme cris. Par exemple, en cas d’urgence pour la sécurité de votre enfant, bien sûr, il peut être nécessaire de crier! Mais pour l’enfant, et non contre l’enfant. Un tableau de bord est aussi proposé afin de pouvoir noter les moments où l’on est amené à crier (ou pas, pour noter sa progression!) afin de repérer les situations qui nous mettent en situation de stress.

J’ai particulièrement apprécié le passage où elle raconte qu’elle a pris conscience que, souvent, elle se mettait en colère contre ses enfants, non parce qu’ils avaient fait une bêtise, mais parce qu’elle était, en fait, déjà en colère pour une autre raison: un problème avec l’assurance, au travail, la fatigue… Et qu’il était plus facile de blâmer ses enfants que de modifier son comportement ou la situation extérieure qui avait généré sa colère. Etre honnête avec soi-même, prendre conscience de ce qui déclenche l’énervement, c’est déjà un premier pas vers la fin des cris.

Attention, cependant, décider d’arrêter de crier, ce n’est pas ne plus assumer son rôle de parent et tout laisser faire! Bien au contraire.. C’est éduquer son enfant, l’aider à se développer, à devenir un adulte libre et responsable… Mais dans la bienveillance… Et avec beaucoup moins de décibels!

Dernier point très positif de cet ouvrage: il est truffé de belles citations sur l’effort, la réussite ou l’échec d’une aventure, sur ce que l’on veut incarner en tant qu’être humain. Dans cette période sombre, je me suis régalée à les relire.

Si vous voulez en savoir plus sur ce défi, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le blog (en anglais) de Sheila en cliquant ici.

Bonne lecture!

parents-enfants. Crier moins, s’aimer mieux. de Sheila McCraith, éditions Mango