maryvonneetmanulIs n’ont pas les mêmes jobs, pas le même nombre d’enfants, pas le même âge, ils n’habitent pas tous au même endroit, mais ils ont en commun de travailler et d’être des parents.

En effet, dans la rubrique « Papa, Maman travaillent », je vous propose de rencontrer, chaque mois, des parents afin qu’ils nous exposent comment ils arrivent à concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle.

Après Estelle et Marc, puis Hélène et Alexis (à re/découvrir ici et ici), j’ai le plaisir d’accueillir un couple de la région grenobloise qui va nous faire part de ses problématiques et de ses bonnes pratiques afin d’arriver à cet équilibre….Où l’on voit que le temps partiel (choisi!), ce n’est pas que pour les mamans! 

Au cours de l’interview, ils se sont désignés comme « Papa » et « Maman ». Ce que j’ai trouvé très drôle! Voici donc l’interview de « Papa » et « Maman »!

Merci à eux de s’être prêtés au jeu de mes questions/réponses! Bonne lecture!

Chers vous deux, pouvez-vous en quelques mots vous présenter?

« Maman » a 39 ans. « Papa » a 38 ans. Nous sommes tous les deux ingénieurs en microélectronique, dans l’industrie du semi-conducteur. Nous avons 2 filles âgées de 6 et 8 ans. Nous vivons en région grenobloise.

Vous travaillez tous les deux. Quel était votre mode d’organisation pour la garde de vos deux filles quand elles n’étaient pas encore scolarisées?

Lorsque Maman a repris le travail après l’arrivée de notre ainée, celle-ci a été gardée à 100% par une assistante maternelle la 1ère année. Puis à 80% la 2ème, puisque cette nounou avait décidé de ne plus travailler le mercredi. Notre ainée a donc été accueillie en crèche municipale 1 jour par semaine.

Après l’arrivée de notre cadette, Maman a repris le travail à 80% jusqu’à ses 3 ans. Le mercredi, elle gardait nos filles, les autres jours, elles allaient chez leur nounou ou à l’école le reste de la semaine.

C’est Papa qui emmenait les filles le matin et c’est Maman qui les récupérait le soir après le travail. Un point qui nous a beaucoup aidés pendant cette période, c’est que Maman avait mis en place un système de co-voiturage avec une maman dont le petit garçon était gardé chez la même nounou que les filles. Très pratique!

Les soirées passent très vite et les filles étaient couchées à 20H00.

Aviez-vous eu des difficultés à trouver une assistante maternelle?

Non, cela fut plutôt facile.

Comment l’expliqueriez-vous?

C’est sûrement d’abord lié au fait que que l’on habite un quartier populaire où les nounous et ceux qui les emploient peuvent vivre au même endroit. Nous n’habitons pas au centre-ville de Grenoble où le prix des loyers est plus élevé et où il y a moins d’offres. Une de nos amies du centre-ville a dû contacter 30 assistantes maternelles pour en trouver une qui lui corresponde! Et en même temps, dans notre quartier, les gens travaillent, donc il y a de la place (économiquement parlant) pour les nounous.

Cela tient aussi à la politique de la ville qui permet aux assistantes maternelles d’avoir un agrément. Dans une commune voisine, il fût un temps où les agréments étaient donnés au compte-goutte provoquant une pénurie de nounous. Et c’est sûr que le fait de vivre en province où les logements sont plus grands permet aussi aux assistantes maternelles de garder plus d’enfants au niveau de l’agrément…

Et puis, bien sûr, le réseau qui se crée dès lors que l’on commence à fréquenter le milieu des nounous et de l’école est très important. Nous avons « gardé » la 1ère nounou des filles pendant 6 ans mais nous avons été amenés à changer 3 fois par la suite. Nous fonctionnons maintenant avec la garderie périscolaire et la cantine et nous en sommes satisfaits, mais jusqu’à l’an dernier les filles ont eu la chance d’être gardées le midi et le soir après l’école par une nounou périscolaire.

Maintenant qu’elles sont à l’école toutes les deux, quelle est votre organisation actuelle?

Depuis la rentrée 2014, donc, nos filles vont à l’école 4 jours et ½ par semaine et mangent à la cantine. Maman travaille à 80% et Papa a 90%. Nous sommes donc tous les 4 à la maison le mercredi à partir de midi.

Nous fonctionnons avec des horaires décalés. Le lundi, mardi, jeudi et vendredi, Papa emmène les filles à l’école le matin pour 8h30, Maman vient les chercher au périscolaire du soir pour 17h30/17h45. Papa rentre du travail vers 18h30 et Maman part au travail vers 8h. Le mercredi, c’est Maman qui s’occupe des trajets pour aller à l’école.

Lorsque nous travaillons pendant les vacances scolaires, nos filles vont régulièrement chez leur grand-mère paternelle et au centre aéré.

Quel est pour vous le point fort de cette organisation, ce qui fonctionne vraiment bien et que vous pourriez nous faire partager?

Deux points importants : les horaires décalés qui nous permettent de rallonger nos journées de travail en cas de nécessité, et le mercredi après-midi en famille, ce qui nous permet d’accompagner nos filles à la danse et à la piscine, et de leur éviter le centre aéré.

Par contre, y a t-il un point qui régulièrement pose problème, ne fonctionne pas bien dans votre organisation?

Ce sont les impondérables qui obligent à nous réorganiser en très peu de temps : une fille malade, une grève des agents municipaux (cantine, périscolaire) ou des professeurs, leur grand-mère qui doit s’occuper en urgence de sa propre maman très âgée, un déplacement professionnel soudain …

A ce propos, comment gérez vous les déplacements professionnels par rapport aux enfants?

Cela nous arrive rarement. Et dans ces cas là, c’est celui qui reste qui s’occupe de tout. La grand-mère des filles peut également venir donner un coup de main en cas de besoin.

Nous avons tous deux des activités en dehors de notre travail et sommes amenés à nous absenter le soir : les filles peuvent bien supporter l’absence de l’autre si tant est que l’on en parle et que cela ne soit pas une surprise.

 Vos entreprises respectives proposent-elles des aménagements et solutions pour faciliter l’équilibre vie pro/vie perso?

L’entreprise de Maman (multinationale) propose 3 jours enfants-malades. C’est très avantageux d’avoir de telles possibilités. Il est juste un peu étonnant que le nombre de jours ne dépende pas du nombre d’enfants. Heureusement les filles n’ont que rarement été malades. L’entreprise prévoit également des facilités d’horaires pour la rentré scolaire et préconise qu’il n’y ait pas de réunion après 17H00.

L’entreprise de Papa (startup) ne prévoit pas de jour pour les enfants malades, mais il est toujours possible d’emmener les filles au bureau une ½ journée en prévoyant un bon DVD et des feutres.

Nous aurions la possibilité de faire du télétravail, mais cela ne nous convient ni à l’un ni à l’autre.

Avez-vous déjà eu le sentiment l’un ou l’autre de devoir mettre votre carrière un peu à l’arrêt pour vous occuper de vos petits? Le fait d’avoir des enfants a -t-il été un frein à votre carrière? ou au contraire un booster? ou bien cela n’a pas eu  d’effet notoire?

Disons que nous aurions certainement eu accès à des postes plus prestigieux et mieux rémunérés si nous avions privilégié nos vies professionnelles à nos vies personnelles.

Dans le cas de Maman, les notations (et donc l’avancement) suite aux évaluations annuelles ont été bien moins élevées à partir du deuxième enfant : est-ce directement lié? C’est difficile à dire mais en tout cas le fait d’avoir des enfants n’a pas été un booster de carrière pour elle !

A votre avis, le fait de vivre en province rend-il cet équilibre entre vie pro/vie perso plus facile à concilier ou pas?

Clairement oui, principalement car nous passons moins de temps dans les transports. Cela étant, c’est aussi un choix personnel que de vivre dans un appartement en milieu urbain, proche de tout plutôt que dans une maison plus excentrée.

A la maison, comment se répartissent les tâches du quotidien entre vous?

De façon générale, Maman s’occupe des repas et des lessives. Papa s’occupe des courses et du petit bricolage. Et nous avons une femme de ménage. Bien sûr, nous inversons les rôles à l’occasion. Ainsi Papa est le roi des raviolis au four quand maman va à l’aquagym et Maman a customisé le frigo en rose fuchsia du plus bel effet !

Pour le reste c’est à peu près 50/50. 

Y a  t-il un site/une appli qui vous facilite votre vie de famille au quotidien?

Non, pas vraiment.

Quel est le moment passé en famille que vous cherchez à préserver au maximum?

Nous prenons soin de petit-déjeuner et de dîner ensemble, tous les 4.

Les filles grandissent mais nous avons gardé un rituel du coucher : une histoire et une chanson et ce sont les filles qui choisissent qui chante !

Avez-vous un « rituel couple » qui vous permette d’avoir du temps de qualité à partager à deux?

Ren de très formel. Ce qui ne nous empêche pas d’aller au restaurant, au ciné ou au théâtre de temps en temps. Nous n’avons aucun mal à confier nos filles à une baby-sitter.

Aux vacances scolaires d’hiver et de printemps, ainsi que 15 jours pendant l’été, nous confions les filles à leur mamie paternelle ce qui nous permet d’avoir du temps sans les enfants. Et même si nous travaillons pendant ces périodes, nous les vivons comme de « petites vacances » avec moins de contraintes et plein de sorties !

Et avec tout ça, comment vous faites pour vous organiser du temps rien que pour vous?

C’est finalement plus simple d’avoir une activité régulière chacun de notre côté plutôt qu’à deux. Nous privilégions une organisation de vie où nous nous préservons du temps pour nous et où notre vie professionnelle ne dirige pas tout : nous sommes très impliqués dans notre travail mais nous savons faire des choix pour satisfaire notre équilibre.

Le mot de la fin…C’est à vous!

Heureusement en France, nous ne sommes pas obligés de nous arrêter de travailler pour garder nos enfants la journée! Nous avons eu la chance de trouver une nounou proche de notre domicile (une rue à traverser), proche de l’école (elles y ont mangé le midi le temps de la maternelle) et qui a pu garder nos deux filles. Maintenant la garderie périscolaire nous aide bien mais c’est un rythme plus soutenu pour les puces.

Concilier notre vie de parents et notre vie professionnelle nous est possible, ce n’est pas de tout repos mais élever des enfants n’est pas de tout repos de toute façon! Et puis, pour plagier le nom d’une émission, nous ne sommes pas que des parents ;-).

Nous terminerons en faisant remarquer que, de plus en plus de papas se mettent aussi en temps partiel (choisi !) pour profiter de leurs enfants : cela n’est plus réservé qu’aux femmes ! C’est bon à dire et pas que le 8 mars lors de Journée des droits de la Femme!

Encore merci à vous deux pour ces échanges très enrichissants!

metroboulot