photo eliseIls n’ont pas les mêmes jobs, pas le même nombre d’enfants, pas le même âge, ils n’habitent pas tous au même endroit, mais ils ont en commun de travailler et d’être des parents.

Dans la rubrique « Papa, Maman travaillent », je vous propose de rencontrer, chaque mois, des parents afin qu’ils nous exposent comment ils arrivent à concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle. N’hésitez pas à jeter un oeil aux interviews précédentes ici!

Après une pause estivale, la rubrique reprend sur les chapeaux de roue avec ma rencontre avec Elise et Kotaro. Ils ont gentiment accepté de nous faire part de leurs problématiques et de leurs bonnes pratiques afin d’arriver à un équilibre alliant deux enfants, jobs prenants et … le fait qu’ils soient tous les deux très sportifs! Ajoutez à cela qu’Elise est aussi l’auteur du blog Thank God I run. Moi qui suis, comment dire?, tout sauf une passionnée de running, je suis ce blog avec beaucoup de plaisir car j’aime le style plein d’humour d’Elise…. et que je suis impressionnée par son parcours et ses performances aussi! Comme elle le dit si bien, « je crois fortement qu’en s’entourant de gens qui ne se mettent aucune barrière, on fait tomber les nôtres ». 

Photo: Les règles de la maison le matin établies en famille avec les enfants chez Elise et Kotaro.

Merci encore à eux deux de s’être prêté au jeu de mes questions/réponses! En route pour une interview très dynamique! Bonne lecture!

Chère Elise, cher Kotaro, pouvez-vous en quelques mots vous présenter?

Nous sommes Elise et Kotaro, 38 ans chacun. Nous avons 2 enfants de 6 ans et 3 ans et demi. Elise travaille dans le luxe et Kotaro dans le software.

Vous travaillez tous les deux. Quel est votre mode d’organisation pour la garde de vos enfants après l’école?

Nous avons tous les jours une jeune fille qui vient chercher nos enfants et les garde jusqu’à notre retour (souvent tardif) ainsi que les mercredis après-midi. Pour les soirées, nous avons deux-trois baby sitters au top.

Comment cela se passait-il avant que votre fils n’entre à l’école?

Au départ, nous avons eu une nounou en garde partagée pour notre fille, puis pour nos deux enfants. Mais quelle galère pour la trouver, trouver la famille, faire en sorte que tout ce petit monde soit content ….

Heureusement, notre fils est allé à la crèche à partir de ses 14 mois et nous avons eu la chance de garder la même jeune fille pour les soirées pendant deux ans et demi.

Quel est pour vous le point fort de cette organisation, ce qui fonctionne vraiment bien et que vous pourriez nous faire partager?

Nous avons décidé de nous donner de la flexibilité en employant notre nounou pour plus d’heures que ce dont nous avions vraiment besoin. Un investissement financier mais qui permet de ne pas se sentir pris à la gorge pour une réunion qui traine ou un embouteillage.

Par contre, y a t-il un point qui régulièrement pose problème/ne fonctionne pas bien dans votre organisation?

Notre super nounou a fini ses études en juin, comme c’est souvent le cas pour les jeunes filles, et il nous a fallu en retrouver une aussi fiable. C’était la valse des entretiens avant de partir en vacances ! La plaie! Mais ça y est, on a trouvé!

Comment gérez-vous les déplacements professionnels par rapport à votre fils, surtout qu’Elise en a beaucoup?

Elise: Je voyage environ une fois tous les deux mois. Ce qui, en définitive, n’est pas énorme. En revanche, les voyages peuvent s’enchainer : par exemple en septembre : Marrakech-New York-Londres, en mai Hambourg-Londres-New York. Les enfants sont habitués : ils savent qu’ils auront un cadeau à mon retour. C’est d’ailleurs un vrai challenge, je n’ai pas souvent le temps de passer dans une boutique pour eux et il m’est arrivé de devoir retourner au terminal des départs de Roissy une fois atterrie en France pour leur trouver une peluche au RelayH !

Sur place, je les appelle une fois par jour, par FaceTime quand j’ai le wifi. Pas toujours simple avec les décalages horaires de « caser » un appel entre deux réunions. Et c’est leur papa qui assure les soirées et week-ends quand je suis en déplacement.

Vos entreprises respectives proposent-elles des aménagements/solutions pour faciliter l’équilibre vie pro/vie perso? 

Elise: Pas vraiment de mon côté. Mais heureusement, j’ai une boss qui est moderne et comprend que je travaille de la maison deux-trois fois par an quand ils sont malades. Dans ces cas-là, on alterne avec Kotaro pour les garder. C’est vrai que ce n’est pas simple quand on n’a pas de grands-parents disponibles pour prendre le relai. Je touche du bois, pour le moment, ils ont été guéris en 48-72 heures maximum.  Et je suis généralement bien plus productive à la maison quand ils dorment, assommés par la fièvre et le doliprane. 🙂

Kotaro: Rien de spécial de mis en place dans mon entreprise non plus.

Avez-vous déjà eu le sentiment l’un ou l’autre de devoir mettre votre carrière un peu à l’arrêt pour vous occuper de votre enfant? Le fait d’avoir un enfant a-t-il été un frein à votre carrière? ou au contraire un booster? ou bien sans effet notoire?

Elise: Aucun changement de mon côté. Je n’ai jamais pris de congé parental et je suis au 5/5ème (voire 6/5ème parfois !) et de toutes façons, je suis depuis dix ans dans des boites essentiellement féminines où il n’y a pas vraiment de réunions après 19 heures. Tout le monde quitte le travail avec son Smartphone et son ordi de boulot et on se reconnecte quand les enfants sont couchés.

Kotaro: Le fait d’avoir des enfants n’ a pas spécialement changé ma façon de travailler.

A la maison, comment se répartissent les tâches du quotidien entre vous?

Elise: Nous avons la chance d’être aidés avec une femme de ménage qui fait le repassage et le ménage. Les courses, c’est 5 minutes sur Internet chaque semaine, livrées le lendemain. Je ne comprends vraiment pas l’intérêt de passer du temps précieux dans un supermarché pour acheter les mêmes packs d’eaux que toute l‘année.
Les légumes aussi se trouvent facilement sur le net (« monmarché » par exemple).

Je m’occupe de la lessive et comme nous faisons pas mal de sport il y en a BEAUCOUP. Le lave-linge/séchoir tourne en permanence.
Kotaro cuisine quasi tous les soirs, quand il a un coup de mou, je prends le relai.

Quant aux enfants, nous nous en occupons vraiment tous les deux à part égale. Mais c’est la nounou qui donne le bain et à diner le soir donc en semaine, si nous rentrons tôt, c’est surtout câlins et histoires !
Heureusement, nous les voyons tous les matins pour les emmener ensemble à l’école. Et je m’occupe des activités sportives comme la danse, quand Kotaro s’occupe de la musique.
Nous avons aussi nos territoires de prédilection : par exemple je suis la responsable « garde-robe » des petits quand Kotaro gère l’administratif (impôts and co) de la maison (oui, je sais, situation agréable ;-))

dessin élise

                                                                                                                                                *

Y a –t-il un site/une appli qui vous facilite votre vie de famille au quotidien?

Houra.fr, après un benchmark de plusieurs années, c’est vraiment le mieux. Pleins de produits (dont bio), livrés le lendemain. En 7 ans de commande hebdomadaire, on a dû avoir deux ou trois erreurs au maximum.

Quel est le moment passé en famille que vous cherchez à préserver au maximum?

Les matins de week-end quand les petits viennent nous réveiller dans notre lit. Et les moments passés avec un seul enfant : par exemple les samedis matin quand j’emmène ma fille à la danse.

Avez-vous un « rituel couple » qui vous permette d’avoir du temps de qualité à partager à deux?

Le temps en couple est vraiment difficile à trouver quand on n’a pas de grands–parents disponibles sous la main. Du coup, on essaie de se ménager quelques soirées par an pour sortir. Le top ? Quand on arrive à courir ensemble même si je suis beaucoup plus lente que lui !

Et avec tout ça, comment vous faites pour vous organiser du temps rien que pour vous?

Elise: Je pense que le temps pour soi n’est pas du temps qu’on a mais du temps qu’on prend, nécessairement sur autre chose donc.

Depuis deux ans, je m’entraine les week-ends et 3 fois par semaine le soir en semaine. Ca implique que je ne vois pas les enfants ces jours là. Au début, c’était dur car ils étaient petits et voulaient que je reste à la maison quand je passais me changer avant de repartir à l’entrainement.

Maintenant, c’est devenu une routine. Même si mon fils attend mon retour (à 21h 30 quand même) avant de sombrer dans le sommeil….C’est quelque chose dont j’ai besoin pour mon équilibre et je gère la culpabilité en me disant qu’il vaut mieux une maman healthy et reposée les matins et les week-ends que voir une maman à bout de nerfs une heure maximum tous les soirs.

Le week-end, on alterne. C’est soit moi, soit Kotaro qui va courir le matin et l’autre s’occupe des enfants. Dur, dur de se motiver à partir du lit en plein hiver mais je donne rendez-vous tôt à des copines courageuses et ça m’oblige à ne pas trainer.
Pendant les vacances, l’un va courir le matin et l’autre le soir.

Et nous avons un consensus : si l’un a une course, l’autre garde les enfants. C’est valable le jour de la course, mais aussi pour les préparations. Et comme nous faisons des courses longues (surtout Kotaro), ça veut dire que nous passons fréquemment du temps en solo avec nos enfants.

Je viens de terminer mon premier triathlon ce qui a impliqué de la piscine et du vélo ces derniers mois. Je prends des cours de natation ou je vais nager une fois par semaine le midi (heureusement, la piscine est proche du bureau). Quant au vélo, j’y vais le dimanche matin pour une heure et demie environ.

Kotaro lui travaille dans une société assez sportive et fait ses séances courtes avec ses collègues ou seul le midi.

Le mot de la fin… c’est à vous! Autre chose à ajouter sur le sujet?

Pas facile de concilier boulot-vie de famille, vie sociale et activités sportives sérieuses. On a parfois l’impression de courir sans arrêt (sans mauvais jeux de mots). Mais le soi-disant « manque de temps » est une excuse que je ne comprends plus vraiment.

Mais quand on voit ce que font certaines mamans, on se rend compte que tout est possible. Je pense notamment à une amie chercheuse en cancérologie, qui, avec ses deux enfants, est arrivée à courir les 100km de Millau l’an dernier. Une autre, chef d’entreprise, qui avec 3 enfants a repris un executive MBA… enceinte.

Je crois fortement qu’en s’entourant de gens qui ne se mettent aucune barrière, on fait tomber les nôtres.

Encore merci Elise et Kotaro pour ces échanges!

*: La photo est un dessin de leur fille représentant sa maman en train de se reposer en vacances avec son petit frère… Elle a déjà un très bon sens du commerce, puisqu’elle l’estimait à 1000 euros mais était prête à le vendre à ses parents pour 100 euros! 🙂

metroboulot