paulIls n’ont pas les mêmes jobs, pas le même nombre d’enfants, pas le même âge, ils n’habitent pas tous au même endroit, mais ils ont en commun de travailler et d’être des parents.

En effet, dans la rubrique « Papa, Maman travaillent », je vous propose de rencontrer, chaque mois, des parents afin qu’ils nous exposent comment ils arrivent à concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle.

Après Estelle et Marc, Hélène et Alexis, « Papa et Maman », Hugues et Céline, Stéphanie et Laurent (que je vous invite à découvrir ou redécouvrir dans la rubrique « Papa, Maman travaillent » ici), j’ai le plaisir d’accueillir Gwénaëlle et Laurent qui vont nous faire part de leurs problématiques et de leurs bonnes pratiques afin d’arriver à cet équilibre….

Où comment, avec des déplacements professionnels nombreux et fréquents, on arrive quand même à trouver un équilibre entre organisation et partage des tâches….. Et un peu grâce au yoga aussi, n’est-ce pas? 🙂 J’adhère complètement au fait de « sanctuariser le yoga »! Merci à eux deux de s’être prêté au jeu de mes questions/réponses! Bonne lecture!

Chère Gwénaëlle, cher Laurent, pouvez-vous en quelques mots vous présenter?

Nous avons 37 et 38 ans, et nous avons un petit garçon de 14 mois. Nous habitons dans le centre de Paris. Gwénaëlle est haut-fonctionnaire et Laurent est consultant en stratégie et gestion pour les grandes entreprises du CAC40.

Vous travaillez tous les deux. Quel est votre mode d’organisation pour la garde de votre enfant? 

Nous sommes très mobilisés par nos activités professionnelles, à plein temps, avec des horaires pouvant régulièrement dépasser les 10 heures par jour. Sans compter les déplacements professionnels fréquents de Gwénaëlle et l’engagement politique et citoyen de Laurent (élu local et président du conseil syndical). 

Notre fils est né en mars, et en mettant bout à bout le congé maternité, le congé paternité, la garde confiée aux grands-parents puis les vacances d’été, nous avons eu la chance de profiter de lui à la maison pendant cinq mois. 

Ensuite, nous avons expérimenté la garde partagée. Tout s’est très bien passé pendant deux mois. La « co-famille » trouvée assez facilement habitait à une dizaine de minutes à pied, leurs deux enfants de 3 et 5 ans s’entendaient très bien avec notre fils, tout heureux de recevoir des bisous de la petite fille et d’admirer le grand garçon. La nounou travaillait pour la co-famille depuis de nombreuses années et était vraiment top sur tous les plans. 

Mais ce joli tableau s’efface subitement lorsque la co-famille nous annonce son déménagement de l’autre côté de Paris, à une heure de bus … en embarquant la nounou. Et bien sûr, c’était une affaire de quelques … jours ! Bref, on était planté, il fallait trouver une solution très rapidement. 

Une micro-crèche privée était sur le point d’ouvrir juste au coin de notre rue, à 1 minute 30 chrono à pied. On a eu la dernière place disponible, pour 10 enfants accueillis. Super contact dès le départ avec la directrice. Ce qui se confirma par la suite avec l’ensemble de l’équipe. Le seul hic, et il était de taille à l’époque, c’est que la crèche a attendu plusieurs longues semaines les autorisations diverses et variées, ce qui nous a obligé à jongler pendant une période assez compliquée à gérer.

Cela fait plus de 7 mois que notre fils est dans la micro-crèche et tout le monde est très heureux 😉

Quel est pour vous le point fort de cette organisation, ce qui fonctionne vraiment bien et que vous pourriez nous faire partager?

La réactivité de la micro-crèche nous a permis d’avoir l’esprit tranquille, et ce n’était pas un luxe après l’aventure « garde partagée ». Nous étions heureux que notre fils rejoigne une structure collective car il devenait de plus en plus dégourdi et sociable, il avait alors 7 mois et c’était le bon moment, après le cocon plus protecteur de la nounou. 

Le fait qu’il s’agisse d’une micro-crèche est une excellente chose. 10 enfants maximum, ça change tout 😉 Le gap avec la nounou était moins fort qu’avec une structure de taille plus importante. Le taux d’encadrement permet une relation forte avec les enfants.

La micro-crèche est ouverte de 8h à 20h. Cette flexibilité des horaires est précieuse pour nous, même si nous nous essayons de ne pas en abuser. En cas de contrainte exceptionnelle ou de RER en panne, un simple coup de fil et la crèche garde notre fils un peu plus longtemps si nécessaire.

Par contre, y a t-il un point qui régulièrement pose problème/ne fonctionne pas bien dans votre organisation?

Le prix de notre tranquillité d’esprit et du bien-être de notre petit est élevé puisque nous payons de notre poche plus de 1000€ par mois. Nous ne le vivons cependant pas comme un sacrifice compte tenu des avantages que nous en retirons.

Comment gérez-vous les déplacements professionnels par rapport à votre fils, surtout que je crois que vous en avez beaucoup?

Gwénaëlle est partie une bonne dizaine de fois en déplacement de plusieurs jours depuis la naissance de notre fils, parfois à plus de 10 000 km. Laurent, lui, a eu la chance d’être un peu plus sédentaire. Il profite de ces moments privilégiés seul avec son bébé, tandis que Gwénaëlle voit là l’occasion de dégager du temps pour elle le soir, pour bouquiner, faire du yoga ou se reposer.

En fait, cela ne pose pas de difficulté particulière, notre fils semble s’en accoutumer assez bien, et cela ne le rend pas particulièrement triste 😉 Nous avions pris l’habitude dès ses 3 mois de le confier aux parents de Gwénaëlle durant 4-5 jours d’affilée et aussi à sa soeur quelques week-ends.

Nous lui annonçons juste un peu à l’avance en lui expliquant les choses de manière très factuelle, notamment en lui disant quand on le reverra et qui s’occupera de lui. Ce qui facilite beaucoup les choses, c’est la visio sur les tablettes et smartphones. Quand on est loin de lui, on fait systématiquement une ou deux sessions par jour, et il apprécie beaucoup. 

Vos entreprises respectives proposent-elles des aménagements/solutions pour faciliter l’équilibre vie pro/vie perso? 

Globalement, non, pas vraiment, pas de manière structurée en tout cas. Dans les faits, on a une relative autonomie sur nos horaires de travail (début et fin), dans certaines limites bien sûr. Gwénaëlle a aussi la possibilité de rédiger des rapports de la maison, ce qui permet d’organiser plus facilement la logistique quotidienne (réception de livraison, lessives, etc.) ou de parer à des imprévus, notamment lorsque notre fils est malade. 

Dans l’entreprise de Laurent, le télétravail commence à se développer et semble plutôt convenir à la fois aux employés et à l’entreprise. Peut-être une piste à envisager à l’avenir.  

La charte de la parentalité a aussi récemment été mise en place dans l’entreprise de Laurent, mais c’est un joli livret qui explique certaines choses, rien de plus. Dans les faits, les exigences des clients ont vite fait de balayer de jolies phrases écrites dans un guide de ce type 😉

L’employeur de Laurent ne donne aucun jour enfants malades, et c’est bien dommage, car cela commence à devenir une pratique très courante dans les grandes entreprises. Heureusement, on compense avec les jours « d’ancienneté » car Laurent est dans la même entreprise depuis … 14 ans.

Ceci dit, les collègues et la hiérarchie sont très compréhensifs en cas de besoin, ce qui est particulièrement appréciable. Les années où seule la carrière et le travail comptent sont un peu derrière nous, et c’est tant mieux, les moeurs ont évolué positivement dans ce sens.

Avez-vous déjà eu le sentiment l’un ou l’autre de devoir mettre votre carrière un peu à l’arrêt pour vous occuper de votre enfant? Le fait d’avoir un enfant a-t-il été un frein à votre carrière? ou au contraire un booster? ou bien sans effet notoire?

Laurent sent depuis la naissance un regain d’enthousiasme et d’énergie, au travail et ailleurs. Il relativise bien mieux les choses sans importance et ne perd plus son temps et son énergie sur des choses qui n’en valent pas la peine. Il a dû réduire son nombre d’heures de travail effectif, afin de pouvoir aller chercher notre fils à la crèche à 18h45. Mais en fait, il a l’impression de ne pas faire moins de choses dans sa journée de travail qu’avant, il est forcé de gagner en productivité 😉

Pour Gwénaëlle, la naissance l’a conduite à mettre entre parenthèses pendant quelques mois ses déplacements lointains. Cela l’amène aussi à penser son évolution professionnelle en prenant en compte de nouveaux critères, comme la flexibilité de l’organisation de son travail.

L’arrivée d’un enfant est un moment où on se demande si on fait ce que l’on a vraiment l’envie profonde de faire, si cela vaut vraiment le coup. On gagne en lucidité et en connaissance de soi. 

A la maison, comment se répartissent les tâches du quotidien entre vous? 

Laurent fait les courses, une fois la liste des repas et ingrédients de la semaine établis par Gwénaëlle. Gwénaëlle fait de plus en plus les repas, alors que c’était plutôt Laurent avant. Mais comme il donne le bain le soir, ceci explique cela ! Gwénaëlle s’occupe des lessives, et ça vaut mieux comme ça car Laurent a beaucoup de mal à suivre ses directives sur ce sujet 😉

Pour les soins à notre fils, c’est assez équilibré : Gwénaëlle le matin, Laurent le soir.

Y a  t-il un site, une appli qui vous facilite votre vie de famille au quotidien?

L’appli numéro un, c’est Facetime, on fait des visios quotidiennement entre Paul et ses grands-parents maternels 😉 !

Nous achetons beaucoup en ligne, pour gagner du temps : amazon, bébé-au-naturel, allo-bebe, petit bateau, vertbaudet, vente-privée, etc.

Sans oublier l’appli Spotify pour que notre fils puisse écouter un vaste panel de musiques et artistes du monde (il adorait la country au début, maintenant Laurent aime bien lui mettre du Johnny Clegg dans le bain) et youtube pour Petit Ours brun 😉

Quel est le moment passé en famille que vous cherchez à préserver au maximum?

Le moment du coucher, sinon les sorties dans des grands jardins le week-end c’est important (Bagatelle, Tuileries, Parc Monceau). Nous prenons aussi davantage de « petites » vacances qu’avant pour profiter de moments à trois.

Avez-vous un « rituel couple » qui vous permette d’avoir du temps de qualité à partager à deux?

On a confié notre fils aux parents et à la soeur de Gwénaëlle dans cet objectif. Mais on n’a pas de « rituel ». On est récemment parti en week-end en Camargue tous les deux, à l’initiative de Gwénaëlle, et c’était super. À réitérer sans trop tarder. 

Et avec tout ça, comment vous faites pour vous organiser du temps rien que pour vous?

Gwénaëlle a sanctuarisé son cours de yoga un soir par semaine, pendant lequel Laurent s’occupe de notre fils. Avec ses activités extra-professionnelles, Laurent n’a pas encore vraiment trouvé l’organisation qui lui permette de dégager du temps personnel.

De manière pratiquo-pratique, on coordonne nos agendas électroniques pour être sûrs de la disponibilité de l’autre pendant nos activités individuelles.

Le mot de la fin… c’est à vous! Autre chose à ajouter sur le sujet?

A quand l’accueil des enfants sur le lieu de travail ? Lors d’un récent déplacement en Allemagne, Gwénaëlle a visité une institution proposant un service de crèche et dans laquelle le restaurant d’entreprise était équipé de chaises pour bébé, permettant aux parents de partager leur pause méridienne avec leur enfant. Le rêve !

Merci beaucoup à vous deux pour ces échanges!

metroboulot