Christine_Lewicki_new_2Quand mon amie Isabelle du blog Mon cahier d’écolier m’a parlé de Christine Lewicki et de son livre J’arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint), le titre m’a tout de suite interpellée. Comment dire? Je me suis sentie un peu concernée…. Moi, une râleuse? Non… Enfin… Si… Un peu… Alors forcément j’ai eu envie de le lire…Et quand, dès les premières pages, est abordé le fait que l’une des raisons pour lesquelles souvent on râle sur nos enfants et notre mari est tout simplement le manque de sommeil, je me suis dit que ce livre était fait pour moi! Vous devez, en effet, avoir commencé à repérer mon obsession pour le sommeil de mes petits, au point d’avoir appelé mon blog « La Turbulette », doux objet dans lequel ils sont sensés faire leurs nuits. Car c’est bien là une de mes principales faiblesses: je suis la mère la plus patiente, la plus douce, la plus drôle, l’épouse la plus à l’écoute et la plus tendre, bref la femme la moins râleuse du monde… quand je dors! (Soline, ce message est pour toi!)

Comme je feuilletai ce livre avant de me lancer dans sa lecture complète, je suis tombée sur le premier « truc » donné à la fin « pour arrêter de râler en famille » qui est : « avoir toujours une bouteille de champagne au frais ». Alors, même si bien sûr, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et même si ce n’est qu’un détail, cela m’a vraiment donné envie de continuer ma lecture. Car ce « truc » est pour moi le symbole de l’état d’esprit de « J’arrête de râler… »: aucun discours culpabilisant, des exemples et des approches dans la lignée de la communication non violente et de la méthode Faber et Mazlish que j’apprécie particulièrement, mais qui sont complétés par des conseils très pratiques et concrets. Et puis, surtout le partage d’une expérience, celle de vivre sans râler, qui permet de se focaliser sur les joies petites et grandes de notre journée et de retrouver le plaisir et la légèreté à être ensemble en famille.

J’ai eu la chance de rencontrer Christine Lewicki en mars car j’ai assisté une journée entière à un atelier très intéressant « J’arrête de râler » qu’elle animait. Au printemps 2010, Christine, qui est coach en entreprise certifiée, s’est, en effet, lancée dans un challenge, celui d’arrêter de râler pendant 21 jours consécutifs et elle a relaté son expérience dans un désormais bestseller intitulé J’arrête de râler (plus de 150 000 exemplaires vendus). Pourquoi 21 jours? Car, d’après les scientifiques une nouvelle habitude s’instaure ou se met en place en 21 jours et il s’avère que râler est bel et bien une habitude pour beaucoup d’entre nous. Comment cela fonctionne t-il? Il vous faut mettre un bracelet au poignet et à chaque fois que vous râlez, vous changez le bracelet de côté …. et il faut remettre les compteurs à zéro!

Mais qui mieux que Christine pour vous présenter cet ouvrage qui va devenir une référence dans ma bibliothèque? Celle-ci a très gentiment accepté de répondre à quelques questions pour les lecteurs de La Turbulette et j’ai donc le plaisir de partager avec vous aujourd’hui cette interview!

Jarrete-de-raler-sur-mes-enfants-236x300 (1)

Chère Christine, pourquoi avoir écrit J’arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint) après avoir publié J’arrête de râler? Pourquoi un deuxième livre sur le sujet?

Figurez-vous, Cécile, que après « J’arrête de râler », je m’étais dit que je n’écrirai plus d’autres livres sur le sujet. Et puis, quelques temps après la parution du livre, j’ai écrit un article sur mon blog jarretederaler.com à propos de conseils et astuces que ma mère, des amies m’avaient donnés et qui m’aidaient beaucoup dans ma vie de maman. Cet article, « 7 trucs pour arrêter de râler sur mes enfants », a été lu par plus de 8000 visiteurs en trois jours! Et il reste à ce jour l’article le plus lu de mon blog.

C’est ainsi que je me suis rendue compte que certains parents pouvaient être dans une véritable souffrance, tellement parfois l’écart est grand entre la vie de famille idyllique dont on avait rêvé et la réalité qui ressemble plus souvent à un champs de bataille. Ces parents avaient besoin de conseils et manifestement les cherchaient! Il y avait donc vraiment matière à approfondir le sujet de la vie de famille sous l’angle du challenge « J’arrête de râler ».

J’arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint) est donc un livre sur la famille écrit en famille puisque vous l’avez co-écrit avec votre soeur, Florence Leroy. Pourquoi?

Je ne voulais pas écrire ce livre sur la vie de famille seule. Je ne voulais pas parler que de mon expérience et je voulais apporter une vraie valeur ajoutée au livre. Ma soeur a toujours été une référence pour moi en matière de parentalité, elle est conseillère conjugale et familiale. Je devais donc écrire ce livre avec elle! Et à nous deux, au moment de la sortie du livre, nous avions 7 enfants de moins de quinze ans…Quel plaisir d’avoir écrit ce livre ensemble! La famille c’est vraiment le terreau de la vie… Si on est dans la joie, dans la bienveillance, dans le partage au sein de nos familles, alors le reste de notre vie suit… Et pourtant, souvent, on râle le plus contre les êtres qu’on aime le plus au monde…

En quelques mots, pouvez-vous nous dire qu’est ce que cela apporte de se lancer dans ce challenge?

C’est simple… Ce challenge va tout changer! Oui, parfois, la vie de famille nous déborde, oui, on est loin de l’idéal qu’on avait avant d’avoir des enfants, alors en réaction, on a tendance à râler. Or, quand on râle, on s’enferme dans une impasse… car cela ne fait en rien avancer, au contraire! Votre interlocuteur n’aura que deux réactions possibles si vous l’attaquez en râlant: soit la fuite, soit l’attaque en retour. Et en plus, tout le monde s’énerve. Si nous utilisons pourtant, de manière quasi systématique, le fait de râler pour communiquer, alors que cela ne fonctionne pas, c’est que nous râlons par pure habitude car nous n’avons pas confiance en notre capacité à nous faire entendre autrement.

Se lancer dans le challenge, c’est sortir de cette impasse et découvrir de nouvelles voies, de nouvelles façons de faire. Mais cette découverte n’est possible que si l’impasse « râler » n’est plus une option possible. Entreprendre ce challenge c’est avoir pour but d’apporter plus de bienveillance au sein de sa famille. Mais le challenge apportera aussi beaucoup d’autres choses: plus de légèreté dans la relation, plus de plaisir et de joie de vivre ensemble, de la coopération et non de la pure obéissance, de nouveaux sujets de conversation, de nouveaux projets, bref une manière plus harmonieuse de vivre en famille.

Certains parents me disent « oh la, la, je fais déjà tellement de choses pour mes enfants, voilà que je n’ai même plus le droit de râler ». Mais arrêter de râler c’est loin d’être une contrainte supplémentaire, c’est, au contraire, vraiment l’occasion d’explorer de nouvelles voies…. sans tout accepter bien sûr, car s’arrêter de râler ne veut pas dire que l’on ne doit plus poser de limites. Le challenge permet de découvrir d’autres ressources pour exprimer nos attentes et nos limites.

cécile et christine

Il existe des ateliers J’arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint). En quoi sont-ils une aide pour la réussite du challenge?

Ces ateliers (que vous pouvez retrouver ici) existent partout en France. Ils sont constitués de cinq modules de deux heures et demi chacun. Ils permettent aux parents de se retrouver avec d’autres parents qui ont le même désir de sortir de l’impasse. Grâce à des échanges constructifs et des boites à outils proposées, les parents trouvent là le temps et l’espace pour créer leurs propres voies. Ce qui est souvent exprimé à la sortie de ces ateliers, c’est que les parents, qui avaient pour la plupart déjà beaucoup lu de livres traitant de la parentalité mais qui n’avaient pas réussi à passer de la théorie à la pratique, trouvent ici les moyens de mettre en oeuvre ce qu’ils savent.

Peut-on lire J’arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint), sans forcément se lancer ensuite dans le challenge?

Oui, bien sûr! C’est même très fréquent que les lecteurs ne commencent pas tout de suite après la lecture le challenge. Mais c’est comme une graine qu’on a plantée. On commence à s’observer, à observer la manière dont on vit et petit à petit on se rend compte combien cela nous coûte de râler. Se lancer dans le challenge est une décision personnelle qui ne doit pas être prise pour faire plaisir aux autres ou par culpabilité. Il s’agit de découvrir ce que serait sa vie sans râler. Et de devenir enfin les parents que l’on souhaite être! Alors…. Pourquoi attendre? »

Merci Christine pour ces réponses! J’ajouterai que oui, bien sûr, on peut lire le livre sans se lancer dans le challenge. Il contient de nombreuses pistes de réflexions intéressantes, comme par exemple sur le fait de savoir lâcher prise et de choisir ses batailles (adieu la mère parfaite!) ainsi que des conseils très astucieux et pratiques par exemple, sur l’organisation de la maison ou sur le fait de se mettre à chanter quand il y a une crise. Quant à moi, je vais aller de ce pas voir si j’ai un bracelet qui traîne. Et vous?

Vous saurez tout sur Christine Lewicki sur son site internet ici

Si vous voulez en savoir plus sur les ateliers et le challenge, lire des témoignages de gens qui l’ont réussi, rendez-vous sur le blog jarretederaler.com

Vous pouvez aussi consulter la page Facebook dédiée à « J’arrête de râler » ici et celle spéciale « J’arrête de râler sur mes enfants et mon conjoint » ici 

J’arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint) par Christine Lewicki et Florence Leroy aux éditions Eyrolles.