quiesJeudi 4 septembre 2014 a été diffusé un reportage très intéressant dans Envoyé Spécial: « Parents au bord de la crise de nerfs ».
Il montrait des parents dont les contextes et situations familiales étaient très différents mais qui avaient pour point commun, de ne plus arriver à communiquer avec leurs enfants, de ne plus arriver à les « gérer », comme on dit aujourd’hui.
Ces parents se tournaient vers une association nantaise Les pâtes au beurre qui les aidaient à rétablir le dialogue avec leur progéniture avec des professionnels dans un lieu d’écoute convivial…A savoir…Une cuisine! Ce lieu est l’initiative de la psychologue géniale, Sophie Marinopoulos, que j’ai découverte par le biais de Stéphanie Allenou dans le livre Mère Épuisée, dont je vous ai déjà parlé ici. L’association était également présente le matin du même jour dans mon émission du PAF favorite…. Les Maternelles!
Outre le fait que ce reportage abordait ce sujet qui me passionne de l’épuisement maternel, de cette impression que les parents peuvent avoir parfois de ne plus pouvoir imposer leur autorité, d’être dépassés par leurs propres enfants alors qu’ils sont eux-mêmes des adultes éduqués et équilibrés, et donc d’avoir ce sentiment terrible d’être de mauvais parents, ce reportage m’a particulièrement touché sur un point.

Une jeune maman, Charlotte, mère de jumeaux de 8 mois expliquait qu’avant d’avoir ses enfants, elle pensait qu’être mère « allait de soi ». Elle avait vite déchanté entre les pleurs et les nuits sans sommeil! Cela me rappelle quelqu’un, tiens! Elle en était arrivée à penser que ses bébés faisaient exprès de lui rendre la vie impossible et n’aspirait plus qu’au silence. Dans les locaux des Pâtes au beurre, elle a pu trouver un lieu pour dire « tout le mal qu’elle pensait de ses enfants, sans être jugée ». Ce qui lui a permis de prendre du recul… Et surtout de reprendre pied et confiance dans ses capacités de mère. Je voudrais saluer cette jeune maman pour le courage dont elle a fait preuve dans cette émission en témoignant à visage découvert, tant ces paroles sont taboues dans notre société où la maternité est portée aux nues et où les parents doivent obligatoirement savoir faire…

Bravo et merci à elle! Elle m’a, de plus, particulièrement touchée car elle racontait qu’elle avait reçu en cadeau de naissance un casque anti-bruit. Elle avait un peu ri jaune en découvrant ce cadeau et ne pensait évidemment pas s’en servir. Et puis, quand ses deux petits se sont mis à hurler de faim en même temps, elle a mis ce casque sur les oreilles pour pouvoir s’occuper d’eux plus sereinement, sans être agressée par leurs pleurs. Évidemment sans prôner l’usage constant de cette méthode, elle me rappelle, cependant, un conseil que notre haptothérapeute (je vous parlerai un jour d’haptonomie…) nous avait donné avant la naissance de Paul. Elle nous avait conseillé pour les pleurs du soir, si nous avions du mal à les supporter, de mettre des boules Quies pendant que l’on promène et berce bébé dans l’appartement pour le calmer. Parce que, finalement, il s’en fiche, lui, qu’on n’entende pas ses 200 décibels, si on est là, avec lui, en train de le bercer tendrement. Nous avions trouvé ce conseil très bizarre et inapproprié! Et pourtant, c’est comme cela que Mister B. a donné le bain à chacun de nos trois enfants leurs premiers mois de vie. Tous les 3 ont, en effet, hurlé pendant environ 6 semaines au moment du bain: déshabillage, rhabillage, soins etc. On avait décidé que Mister B. se chargerait du bain le soir, pendant que moi, je filais dormir trente minutes, trop épuisée que j’étais pour leur donner. Comme il est ultra sensible au bruit, il a vite enfilé ses boules Quies après deux séances dans la salle de bains aussi sonores qu’un concert d’AC/DC. Grâce à cela, il a pu donner le bain en étant détendu et zen malgré les pleurs.. Il était bien présent avec les enfants, juste avec un peu moins de volume sonore…Et les petits ont vite apprécié ce moment et les boules Quies ont été vite enlevées… Mais elles lui ont permis de survivre à ces moments pas toujours évidents! Cette méthode est tout sauf académique, j’en conviens, mais elle illustre bien que parfois, en tant que parents, il faut ne pas avoir peur du politiquement incorrect et tester des petits trucs et astuces qui rendent la vie de famille plus sereine!

Alors Charlotte, soyez en sûre, vous n’êtes pas seule avec vos questions, doutes et tâtonnements… En tout cas avec moi sur ce blog, on est au moins deux! C’est même là, à mon avis, le beau mais complexe chemin du devenir et être mère. Je vous souhaite beaucoup de bonheur avec vos deux fils!

Envoyé Spécial, France 2, « Parents au bord de la crise de nerfs »

Les pâtes au beurre

Les Maternelles