shoes-619529_960_720Ma marraine a toujours tenu une place importante dans ma vie. Meilleure amie depuis l’enfance de ma mère, elles s’étaient désignées marraines, réciproquement, de leur premier enfant. Vacances au ski, à la mer, mais aussi oreille toujours attentive pour moi, beaucoup de souvenirs de mon enfance sont liés à elle. Avec la maladie puis le décès de ma mère, c’est elle qui est venue me voir dans chacun des pays où j’ai habité, étudiante. C’est elle qui m’a toujours proposé de l’aide à la naissance de mes enfants. C’est elle qui vient encore régulièrement nous rendre visite, gâtant et s’occupant de mes petits, comme elle le fait avec ses propres petits-enfants. En un mot, comme en cent, c’est une relation unique qui m’unit à elle, dans laquelle l’origine latine du mot « mater » est si présente.

C’est dire comme j’accorde beaucoup d’importance à ce rôle de marraine. Rôle que j’acceptai avec joie, toute jeune pour la première fois, pour A., petit garçon venu de loin et débordant d’amour. Puis, ce fut L., une si merveilleuse petite fille, au moment même où moi, je devenais aussi maman de Paul. Avec la même joie renouvelée, j’ai accepté de devenir aussi, plus tard, marraine de D. et de O. Je suis reconnaissante à leurs parents de m’avoir accordé leur confiance pour guider, à leurs côtés, humainement et spirituellement ces enfants tout au long de leur vie.

Et puis, voilà, il y a presque deux ans, l’impensable. Moi, la marraine, j’ai accompagné mon grand filleul, A. à sa dernière demeure. Lors de l’enterrement, au milieu de mes larmes, je me suis dit que non, je n’aurai plus la force d’accepter ce rôle si jamais on me le proposait à nouveau, tant j’étais attristée par ce décès.

Et pourtant…. Une petite vie a éclôt, il y a un peu plus de neuf mois, qui m’a tout de suite été chère et précieuse. J’ai suivi cette grossesse avec attention et tendresse.

ll y a un mois, j’ai appris le décès de mon parrain. Ce fut encore l’occasion pour moi de penser et repenser ce lien privilégié qui demeure, malgré tout, entre l’enfant et son parrain et sa marraine.

Alors, cette après-midi, alors que S., qui est née le 21 juin, dormait paisiblement, lovée dans mes bras et que ses parents m’ont demandé de devenir sa marraine, une vague d’émotion m’a submergée. J’ai pensé à tout cela, à mon parrain, à A., à ma marraine, à mes trois merveilleux filleuls… Et j’ai dit: « oui ».

Parce que cette petite puce est définitivement un appel vers la vie et vers l’espérance. Parce que mon amour ne se partagera pas, mais au contraire grandira encore, poussé par ces enfants. Parce que je souhaite profondément être pour S, celle qui l’accompagnera au baptême, celle vers qui elle pourra, si elle le souhaite, se tourner plus tard, avec la même confiance que dans son sommeil d’aujourd’hui.

Je vous aime, L., O., D. et S. Je vous aime aussi V. et N., les filleuls chéris de Mister B.

Et toi, mon cher A., qui nous regarde de là haut, veille, s’il te plaît, sur nos filleuls. Tu me manques.