carnetJ’ai toujours aimé prendre des notes, des écrits sur les événements petits et grands de ma vie... J’ai eu de nombreux journaux intimes enfant (et je devenais enragée si mon frère se mettait à les lire!). Je crois que cette volonté de mettre sur le papier ma toute petite vie était une manière, déjà, de lutter contre le temps qui passe, contre l’oubli…
Plus tard, j’ai eu la folie des agendas dans lesquels je notais en mots brefs sur la page correspondante le déroulé de mes journées et je me rappelle que je les lisais religieusement le 31 décembre pour revivre l’année écoulée.
Et puis ma vie s’est accélérée, études, voyages, jobs, mariage et j’ai continué à écrire mais moins régulièrement…
Pourtant, enceinte de Paul, j’ai ressenti le besoin de consigner pour ce petit être à venir, le déroulé de ma grossesse, ses premiers moments de vie…
J’ai acheté un beau carnet noir Moleskine et j’ai commencé à écrire à 7 mois de grossesse.  » Pour qu’il sache… » Mais quoi?
La réponse m’est venue quelques mois plus tard….
A la naissance de Paul, en salle de réveil, j’ai été prise de très forts tremblements: je tremblais comme une feuille! Et cela a duré 8 heures!
8 heures pendant lesquelles j’ai totalement paniqué car le personnel soignant avait beau me dire que « ça allait passer » sans trop s’y intéresser, moi j’ai cru que quelque chose avait été touché pendant la césarienne et que je ne pourrais plus jamais marcher, tenir debout… Et surtout, pendant 8 heures, je n’ai pas pris mon petit homme dans les bras… ! Je tremblais tellement que je craignais de le laisser tomber… Aujourd’hui encore, j’ai un sentiment de grand gâchis quand je repense à ces premières heures…
Plus tard, j’ai appris, à force de poser des questions au corps médical, que c’étaient des spasmes post-nataux qui pouvaient apparaître en réaction à l’anesthésie et au « choc » de la césarienne. Rien de grave donc….quand on est au courant!
Quelques mois après la naissance, nous avons passé un week-end chez mon père. Et dans un vieil album photo, j’ai trouvé une lettre que je n’avais jamais lue, dans laquelle ma mère, décédée il y a de trop nombreuses années, me relatait ma naissance.
Et quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert que, suite à la césarienne qui m’a donnée la vie, ma mère avait été prise de spasmes très violents!
Quel soulagement! Je n’étais pas la seule! C’était de famille…
Et j’ai compris pourquoi j’écrivais à Paul ce carnet: pour qu’il connaisse son histoire, son enfance, qu’il puisse s’y référer si un jour il en a envie ou besoin… Il ne le fera peut être jamais… Mais il en aura la possibilité, il pourra s’inscrire dans une lignée, si jamais je ne suis plus là pour le faire ou tout simplement si j’ai un peu oublié…Sa première dent si précoce, son entrée à l’école, nos déménagements, ses cours de natation etc. J’ai d’ailleurs déjà commencé un deuxième carnet pour Paul.
Et je fais de même pour mes filles: un beau carnet rouge pour Louise et à nouveau un beau carnet noir pour Soline, toujours des Moleskine.
Un jour, peut-être seront-elles contentes quand elles deviendront mère d’en savoir plus sur la période où je les ai portées, l’allaitement ou les fameux spasmes post-nataux que je n’ai pas manqué d’avoir, à nouveau, à leur naissance.
C’est un peu contraignant, il faut trouver du temps pour écrire régulièrement aux trois, mais je suis persuadée que c’est un joli cadeau que je leur prépare pour plus tard…

Moleskine