fleurs

Demain, samedi 9 mai aura donc lieu l’événement « Une fleur, une vie ». Pour faire suite à mon article à ce sujet (à lire ici) et parce que « mettre des mots » est le thème de cette troisième édition de cette journée nationale de sensibilisation au deuil périnatal, initiée par un collectif d’associations, j’ai souhaité aujourd’hui vous présenter trois ouvrages traitant du deuil périnatal. Car l’écriture et la lecture, ce sont, bien évidemment, également, des moyens « de mettre des mots »…

Alors, une fois n’est pas coutume, je l’avoue, je n’ai pas lu tous les ouvrages que je vous présente aujourd’hui! Promis, je vais vite me rattraper! Ce sont donc des ambassadrices de choix qui les ont lus et qui nous font part de leurs impressions.

Le premier livre que je voulais vous présenter est celui écrit par Élisabeth Martineau, Surmonter la mort de l’enfant attendu : dialogue autour du deuil périnatal, paru en 2008 chez Chronique sociale. Je vais laisser pour cela la parole à mon amie, ma quasi-soeur, la maman de Jeanne, qui est aussi bibliothécaire et donc grande passionnée de livres. Elle a gentiment accepté de me faire parvenir un compte-rendu de sa lecture. Elle m’a confié que cet ouvrage l’a beaucoup aidé au moment du décès de Jeanne:

« Le livre d’Élisabeth Martineau « Surmonter la mort de l’enfant attendu : dialogue autour du deuil périnatal » est à la fois un récit de vie et un guide  à l’usage des personnes confrontées à une mort fœtale in-utéro.

L’auteure y raconte son parcours : avec son mari, ils forment un jeune couple heureux qui attend son premier enfant et construit une maison pour leur futur foyer. Mais la vie ne se déroule pas comme prévu et leur fille Raphaëlle décède in-utéro, à quelques jours du terme. Dix ans plus tard, Elisabeth, heureuse maman de trois autres filles, décide de partager son expérience en écrivant ce livre.

En convoquant d’autres témoignages, de parents, de soignants, d’accompagnants, l’auteure aborde les différentes étapes qui ont lieu après l’annonce du décès et auxquelles les parents ne sont pas préparés : l’accouchement, les photos du bébé, la déclaration de l’enfant et de son prénom à l’état civil, l’éventuelle autopsie, l’inhumation, le deuil, l’accompagnement psychologique, la grossesse suivante…

La place et le deuil des autres enfants de la fratrie ainsi que l’Interruption Médicale de Grossesse sont des sujets également abordés.
Bien sûr, j’ai parfois pleuré en relisant ce texte. Mais la délicatesse d’écriture d’Elisabeth et l’intelligence et l’amour dont sont emprunts l’ensemble des témoignages rendent cet ouvrage très accessible. »

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En écrivant sur « Une fleur, une vie », j’ai eu le plaisir de prendre contact avec Elisabeth Martineau. Car, elle est aussi coordinatrice de cet événement. Née en 1966 à Toronto au Canada, Elisabeth Martineau est une femme passionnante. Journaliste et rédactrice en chef du magazine L’enfant et la vie, elle est engagée sur le thème de la parentalité. Elle a également co-fondé l’Association La Cause des Parents en 2000 à Lyon. Vous pouvez la retrouver sur son blog elisabethmartineau.wordpress.com. Autant vous dire que je vais dorénavant suivre avec beaucoup d’intérêt les différentes activités d’Elisabeth!

 

instinct de vivre

Le deuxième livre dont je souhaitais vous parler est paru très récemment et je l’ai découvert à l’occasion d’une excellente chronique de Marine du blog Une chambre à moi (l’univers de cette maman de trois enfants du même âge que les miens, habitant dans le Sud et à la plume alerte et intelligente ne peut que me plaire!).

Ce livre, c’est L’instinct de vivre de Laetitia Lycke. A 24 ans, à cinq mois et demi de grossesse, Laetitia a perdu le premier enfant qu’elle attendait. Elle a eu trois enfants depuis, et, avec le recul et un peu plus de distance, a décidé d’écrire son témoignage afin d’essayer de briser le tabou qui entoure le deuil périnatal. Comme Marine a superbement parlé de ce livre, je vous laisse lire sa chronique en cliquant ci-dessous: 

http://unechambreamoi.blogspot.fr/2015/04/deuil-perinatal-linstinct-de-vivre-de.html#more

Depuis, j’ai également découvert le site Internet lié au livre www.linstinctdevivre.com et sa page Facebook (ici). L’instinct de vivre est donc sur ma liste de « livres à lire absolument prochainement ».

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Et puis, parfois, cette douleur qu’est le deuil périnatal, touche aussi une fratrie. Il faut aussi l’expliquer aux frères et soeurs de cet petit être qui est décédé avant sa naissance. Comment « mettre les mots » pour eux, les enfants, eux qui sont là avant et même ceux qui arrivent après un tel décès?

Pour aborder ce sujet délicat mais crucial, car un enfant ne peut s’épanouir pleinement dans les non-dits, il existe un très bel ouvrage: La petite soeur de Virgile. Ecrit par Edwige Planchin, et très joliment illustré par Anne-Soline Sintes, nous suivons dans cet album, Virgile, 7 ans, confronté à la mort in-utero de sa petite soeur. Comment va t-il pouvoir représenter sa soeur dans l’arbre généalogique que la maîtresse a demandé de dessiner? Alors que même ses copains ne le croient pas quand il en parle car « ce ne sont pas les bébés qui meurent mais les papys et les mamies ».

Avec des mots simples et tout en douceur, ai-je trouvé, le lecteur, petit ou grand, suit Virgile petit à petit dans son travail de deuil, entouré par l’amour de ses parents si tristes mais présents pour leur petit garçon. Et Cassiopée finira par trouver une jolie branche dans son arbre généalogique. Comme le dit si bien le grand-père de Virgile: « parfois, certaines étoiles sont mortes, mais leur lumière continue à nous parvenir. Il dit que c’est comme Cassiopée: elle est morte mais sa lumière nous éclaire encore. » 

Un livre, finalement, sur la vie qui continue, malgré tout

une fleur une vie