Pietro_Perugino_cat61Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle rubrique dans mon blog: le tableau du mois!

Cette nouvelle rubrique mérite quelques remarques préliminaires : en effet, je dois vous dire que je n’ai pas du tout étudié aux Beaux-Arts et que je n’ai pas la prétention de vous faire une explication complète d’une œuvre, son contexte, sa réalisation… Mais je souhaite partager avec vous, depuis longtemps, les tableaux, sculptures et autres objets d’art qui me parlent et qui me font vibrer sur ce sujet millénaire qu’est la maternité. Et notamment ce qui m’intéresse, c’est de toucher du doigt ainsi l’évolution de la représentation de la maternité à travers les âges, de la Vénus de Willendorf datant du Paléolithique supérieur à l’Araignée de Louise Bourgeois en passant par Renoir.
Alors, bien évidemment, si vous voulez compléter mes impressions, faire des liens avec d’autres œuvres… Votre commentaire est le bienvenu!

L’autre jour, je suis allée à la gare de Lyon et à l’entrée de la gare, je suis tombée en arrêt devant cette splendide Vierge à l’Enfant du Pérugin. En effet, c’est l’affiche de l’exposition qui a lieu en ce moment et jusqu’au 9 janvier 2015 au Musée Jacquemart-André et qui propose de redécouvrir ce grand maître de la Renaissance italienne. Peintre novateur dans l’Italie du début du XVIe siècle, il est surtout connu pour son influence sur le jeune Raphaël. Dans la pâleur du petit jour qui se levait à peine, je me suis dit que je tenais là le premier tableau de ma nouvelle rubrique. D’autant plus, que si le thème de la Vierge à l’Enfant est d’abord un thème religieux, il a été également l’occasion pour les peintres à travers les siècles de donner à voir le rapport entre une mère et son enfant.

Le Pérugin affectionne tout particulièrement ce thème de la Madone qu’il va reprendre inlassablement, tout au long de sa carrière. On peut noter que ses représentations se dépouillent progressivement des éléments décoratifs pour se concentrer sur l’expression de la tendresse unissant la mère et son enfant, en accordant une attention particulière à la douceur des visages et à la densité des couleurs.

C’est ce dépouillement qui m’a tout d’abord touché dans ce tableau. Il a permis à mon regard de se concentrer sur la Vierge car c’est elle qui m’a attirée en premier lieu. Cette Madone, inspirée par l’épouse du peintre, jeune, simple et raffinée, à la coiffure élaborée regroupée sur la nuque, me semble, en effet, si proche. Tant de douceur et de tendresse émanent de son regard et de son geste quand elle penche la tête vers son fils, quand elle l’entoure de ses bras.  Par cette attitude, elle pourrait être une de ces nombreuses femmes que je vois dans la rue, dans les parcs, à l’entrée de l’école, chez le médecin, se penchant vers leur tout petit. Que d’amour maternel! Et c’est une émotion toujours renouvelée pour moi de l’observer…

Le Christ, quant à lui, est représenté avec un souci de réalisme. Je ne l’ai considéré que dans un deuxième temps, toute à ma contemplation première de la Vierge. Et pourtant, quelle ne fut pas ma surprise quand mon oeil s’est enfin arrêté sur lui! Il est assis sur les genoux de sa mère et tourne la tête comme s’il voulait regarder quelque chose à l’extérieur du tableau. Cherche t-il déjà à voir le destin qui l’attend? Mon coeur a fait un bond: on dirait Soline! Ma petite Soline qui a cette particularité, cause souvent de bien d’inquiétudes pour sa mère, de toujours se dévisser la tête quand elle est sur nos genoux pour regarder le plus loin possible…. Me voilà donc maintenant rassurée! Puisque le Christ du Pérugin fait la même chose…
Alors, si comme moi, vous êtes touchés par ce tableau, profitez de sa présence à Paris pour la durée de cette exposition… car normalement il est conservé à Washington….
Bonne visite!