maillotAh les vacances de la Toussaint… Pendant quinze jours, plus besoin d’avoir les yeux rivés à sa montre en permanence pour ne pas arriver en retard à la sortie d’école, plus besoin de caler absolument la demi-heure de devoirs quotidiens avant le repas du soir…. Je pensais ainsi avoir un peu plus de temps pour écrire certains de mes articles, pour avancer les romans que je suis en train de lire… Que nenni! Oui certes, ce n’est plus la course folle mais avec les trois enfants à la maison, c’est surtout 200% du temps pour eux et rien pour moi….D’ici à regretter les jours où les deux grands sont à l’école … Il n’y a qu’un pas… Que je ne franchirai pas encore, on n’en est qu’à la moitié des vacances…Mais il y a une chose que je suis bien contente de ne pas avoir à faire ces quinze jours, c’est ce que j’appelle dans notre planning familial: « l’enfer de la piscine ».

Cette année, en effet, j’ai réussi la gageure d’inscrire Paul et Louise à une activité dans le même lieu à la même heure. Pour cela, j’ai dû faire deux heures de queue un vendredi soir, mais ils ont bien, tous les deux, piscine le mercredi à 17 heures. Incroyable exploit!

Et donc, tous les mercredis à partir de 16h30, j’entre dans l’un des cercles de l’enfer décrit par Dante. Cette vision n’est pas si erronée que cela, étant donné que dans les vestiaires de cette piscine, il fait une chaleur incroyable, encore plus quand on a un bébé de 8 mois dans le porte-bébé et que l’on vient de faire toute la pente qui mène à la piscine en vélo à toute allure pour ne pas être en retard, étant donné qu’il y en a toujours un pour avoir oublié son maillot, ses lunettes, sa serviette etc. Tout cela, pour finalement s’apercevoir que l’on est, de toute façon, trop en avance puisque le portillon qui mène à la piscine n’est pas encore ouvert. Nous devons donc attendre dans l’escalier glissant que le maître nageur nous ouvre et j’ai pendant ce temps des visions d’horreur de moi glissant sur ces marches mouillées avec Soline, entraînant Louise et Paul dans ma chute. Je les laisse enfin, soulagée, se diriger vers leur bassin respectif et redescends souffler dans les vestiaires surchauffés. 20 minutes plus tard, je dois déjà récupérer Louise. Commence alors la cérémonie de la douche où je dois la savonner avec Soline en porte-bébé, le summum du pratique même si mon Ergobaby l’est lui, très pratique, puis la remonter au bord du bassin récupérer son frère, rhabiller tout ce petit monde avec des petits intermèdes comme « Paul, ne cours pas, tu vas glisser, c’est trempé par terre, Louise, ne t’enferme pas dans les vestiaires, Soline, ne mange pas les chaussures du petit garçon… » Bref, mon épuisement après la piscine n’a d’égal que leur joie d’avoir nagé et c’est bien pour cela que je continue à les emmener quand même, mes deux petits poissons!

Allez, j’avoue, j’exagère… Parce que dans « cet enfer de la piscine », il y a quelque chose que j’aime beaucoup. C’est la solidarité entre mamans qui y bat son plein. L’une me propose de faire descendre Paul du bassin en même temps que son fils, l’autre de jeter un oeil à Soline pendant que je douche Louise et je trouve cela tout simplement génial ces petits services rendus entre mamans. Services très appréciables et appréciés quand on travaille mais aussi quand on est en pause professionnelle et que la gestion des enfants repose entièrement sur nos épaules. Un coup de pouce dans la journée est une aide précieuse. Je me rappelle que lorsque j’avais repris le travail aux 9 mois de Louise, cela avait été une vraie claque pour moi, les premiers jours, de passer de ce monde d’entraide, de bienveillance et de soutien entre mamans, à celui du monde professionnel dans lequel j’avais dû reprendre mes repères en quelques jours, surtout que Mister B. m’avait fait remarquer que « l’on n’est plus, là, à la sortie d’école ».

Par ces moments passés à la piscine, je redécouvre avec plaisir cette solidarité des mamans. Quelle force elle serait, je pense, si cette solidarité osait être également plus présente dans le monde professionnel, si elle osait sortir de codes encore très masculins…. Par exemple, accueillir dans sa garde partagée, les enfants d’une collègue si sa nounou est malade un jour, prendre les enfants un soir par semaine d’une collègue pour permettre à celle-ci de travailler plus tard ce jour là, et vice versa… Bien sûr, on pourra me rétorquer que j’ai une vision un peu « Bisounours » des choses mais pourtant, tant de solutions sont encore à inventer pour faciliter une vie professionnelle épanouissante à celles qui ont choisi d’allier travail et maternité.

En tout cas, la dernière fois, j’ai bien noté une super idée d’une maman de quatre enfants qui est aussi présente le mercredi. Elle met directement ses enfants en pyjama à la piscine, comme cela ils sont déjà tout prêts pour profiter tranquillement du début de soirée. Alors, avec l’hiver qui arrive, je vais la copier, on sortira de la piscine en pyjama, on se mettra ainsi tout de suite avec mes petits poissons, en arrivant à la maison, sous le plaid du canapé pour déguster un bon chocolat chaud et nous lirons paisiblement…. La petite Sirène!