je sais plein de chosesEt pourtant, cela avait mal commencé… Arrivés sur Boulogne ce samedi vers 16h15 pour assister au second spectacle de notre abonnement au Carré Belle-Feuille à 17 heures  (puisque que comme je vous l’avais raconté ici, nous avons pris cette année un abonnement dans cette salle, et nous y avons déjà vu ici un beau spectacle), j’ai eu une drôle de sensation. La ville semblait prise d’assaut… Des voitures partout… Je restai cependant sereine, sachant qu’il y a un grand parking juste à côté de la salle de spectacle… Mais là, misère! Le parking affiche complet et ses grilles sont carrément fermées… Mais que se passe t-il? Déjà l’effervescence des courses de Noël? Que nenni, je ne l’ai appris que plus tard mais il y avait tout simplement un match au Parc des Princes et le quartier était inaccessible… Après avoir tourné 45 minutes à la recherche d’une place et alors qu’à 16h58, j’étais en train de dire aux enfants, ultra déçus, que nous allions devoir repartir, miracle, une place se libère juste devant la salle! Après un sprint de folie avec Louise dans les bras, nous sommes arrivés, essoufflés, mais juste à temps, sur nos sièges pour le début du spectacle… qui a commencé avec un peu en retard au vue du contexte afin d’attendre les retardataires comme nous… Merci!! Car cela aurait été dommage que nous rations ce très joli spectacle pour tout-petits intitulé Je sais plein de choses proposé par la compagnie Atipik.

Les enfants et moi, nous avons, en effet, été plongés pendant une trentaine de minutes dans une véritable rêverie d’ombres et de papier. La chambre d’un petit garçon endormi est représenté par des laies de papier que les deux actrices sur scène, Elisabeth Algisi et Juliette Moreau, ouvrent doucement, comme pour nous faire entrer dans son rêve. Et sous nos yeux émerveillés et grâce à la découpe experte des actrices, le rêve de ce petit garçon qui veut devenir grand se matérialise en papier: une sorcière, un chevalier, un pantalon qui se transforme en bateau sur une mer agitée, frôlant le cauchemar..Mais ce sont aussi des choses du quotidien qui deviennent ainsi oniriques grâce au jeu des ombres: le chat, ce bon compagnon de jeu, qui saute de fenêtre en fenêtre, les mains de papier, qui cherchent à le caresser… Le jeu sur les sons complète cette douce rêverie. On comprend que le jour approche quand, dans le rêve de l’enfant, on commence à entendre des bruits de voitures, comme si la ville s’était réveillée avant lui et qu’il l’intégrait à son rêve. Avec le jour, le rêve prendra fin, aussi fragile qu’il est que les feuilles de papier, mais si constructif pour un enfant…. car il sait ainsi beaucoup de choses…

Ce spectacle s’appuie sur deux albums jeunesse de Ann et Paul Rand, célèbre graphiste américain (il a notamment créé le logo de IBM) qui ont été édités aux Etats-Unis dans les années 50 aux éditions Harcourt et en France aux éditions de l’Ampoule (2003). « Écoute, Ecoute » et « Je sais plein de choses ».

Louise était en admiration quasi religieuse devant cette délicate mise en scène. Le spectacle s’adressant surtout aux 2-6 ans, j’ai demandé à mon « 6 ans », Paul, s’il s’était ennuyé, puisque le rythme de l’ensemble est plutôt lent, et il m’a répondu que « pas du tout », s’étant laissé emporter par cette rêverie poétique. Et depuis, les enfants me réclament, sans cesse, papier et ciseaux pour créer eux aussi leurs univers… Prévoyez de nombreuses ramettes si ce joli spectacle passe dans votre ville…

Le Carré Belle Feuille à Boulogne-Billancourt

Je sais plein de choses, Compagnie Atipik

Editions de l’Ampoule